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[112] Quinet E . Le christianisme et la Revolution Fran?aise. Paris, 1845. P. 357–358. [113] Correspondance de Stendhal (1800–1842)/Ed. Ad. Paupe et P.- A. Cheramy. Paris, 1908. Vol. 2. P. 389. [114] Doumic Ren? . ?tudes sur la litt?rature fran?aise, 1st s?ries. Paris, 1896. P. 216. [115] См. В особенности: «Joseph de Maistre» (1843) in «Portraits litt?raires»: pp. 385–466 in «Oeuvres», ed. Maxime Leroy (Paris, 1949–1951); «Lettres et opuscules in?dits du comte Joseph de Maistre» (2 июня 1851). P. 192–216 in «Causeries du lundi». Paris, (1926–1942). Vol. 4. [116] К такому мнению, однако, не присоединяются ни канадский биограф де Местра Ричард Лебрен, ни Эмиль Чоран, ни я сам. Сожалею, что не могу разделить эту безоговорочно резкую позицию, но этого не позволяют сделать мрачнейшие события нашего века. См.: Lebrun Richard Л . Joseph de Maistre: An Intellectual Militant. Kingston and Montreal, 1988; Cioran E. M. Essai sur la pens?e r?actionnaire: ? propos de Joseph de Maistre. (Montpellier), 1977. [117] Ссылки на сочинения де Местра приводятся с указанием тома и страницы (соответственно обозначены римской и арабской цифрами) по изданию: Oeuvres compl?tes de Joseph de Maistre, 14 vols and index. Lyon; Paris, 1884–1887; последующие переиздания осуществлялись без изменений. Здесь — I, 74. [118] I, 18. [119] Correspondance diplomatique de Joseph de Maistre 1811–1817 / Ed. Albert Blanc. Paris, 1860 (далее — Correspondance diplomatique ). Vol. I. P. 197. [120] «Записка для герцога Брауншвейгского» («M?moire au duc de Brunswick») // Jean Rebotton (ed.), Ecrits ma?onniques de Joseph de Maistre et de quelques-uns de ses amis francs-ma?ons. Geneva, 1983. P. 106. [121] Де Местр приводит эти слова в своем письме к Винье дез Этоль от 16 июля 1793 г. (хранится в семейном архиве). См.: Lebrun . Op. cit. P. 123, note 68. [122] Название книги Карла Л. Беккера — «The heavenly City of the eighteenth-century Philosophers» (New Haven, 1932). [123] к взаимному истреблению (лат. ). [124] Вечера. С. 370–373. Оригинальный текст этого отрывка, лишь частично процитированного выше, заслуживает, чтобы его привели полностью, ибо здесь стиль де Местра раскрывается во всей характерности, живописности и неистовости: «Dans le vaste domaine de la nature vivante, il r?gne une violence manifeste, une esp?ce de rage prescrite qui arme tous les ?tres in mulua funera : d?s que vous sortez du r?gne insensible, vous trouvez le d?cret de la mort violente ?crit sur les fronti?res m?mes de la vie. D?j?, dans le r?gne v?g?tal, on commence ? sentir la loi: depuis l'immense catalpa jusqu'? la plus humble gramin?e, combien de plantes meurent, et combien sont tu?es! mais, d?s que vous entrez dans le r?gne animal, la loi prend tout ? coup une ?pouvantable ?vidence. Une force, ? la fois cach?e et palpable, se montre continuellement occup?e ? mettre ? d?couvert le principe de la vie par des moyens violents. Dans chaque grande division de l'esp?ce animal, elle a choisi un certain nombre d'animaux qu'elle a charg?s de d?vorer les autres: ainsi, il y a des insectes de proie, des reptiles de proie, des oiseaux de proie, des poissons de proie, et des quadrup?des de proie. Il n'y pas un instant de la dur?e o? l'?tre vivant ne soit d?vor? par un autre. Au-dessus de ces nombreuses races d'animaux est plac? l'homme, dont la main destructrice n'?pargne rien de ce qui vit; il tue pour se nourrir, il tue pour se v?tir, il tue pour se parer, il tue pour attaquer, il tue pour se d?fendre, il tue pour s'instruire, il tue pour s'amuser, il tue pour tuer: roi superbe et terrible, il a besoin de tout, et rien ne lui r?siste. Il sait combien la t?te du requin ou du cachalot lui fournira de barriques d'huile; son ?pingle d?li?e pique sur le carton des mus?es l'?l?gant papillon qu'il a saisi au vol sur le sommet du Mont-Blanc ou de Chimbora?o; il empaille le crocodile, il embaume le colibri; ? son ordre, le serpent ? sonnettes vient mourir dans la liqueur conservatrice qui doit le montrer intact aux yeux d'une longue suite d'observateurs. Le cheval qui porte son ma?tre ? la chasse du tigre se pavane sous la peau de ce m?me animal: l'homme demande tout ? la fois, ? l'agneau ses entrailles pour faire r?sonner une harpe, ? la baleine ses fanons pour soutenir le corset de la jeune vierge, au loup sa dent la plus meurtri?re pour fa?onner le jouet d'un enfant: ses tables sont couvertes de cadavres. Le philosophe peut m?me d?couvrir comment le carnage permanent est pr?vu et ordonn? dans le grand tout. Mais cette loi s'arretera-t-elle a l'homme? non, sans doute. Cependant quel ?tre exterminera celui qui extermine tous? Lui. C'est l'homme qui est charg? d'?gorger l'homme. Mais comment pourra-t-il accomplir la loi, lui qui est un ?tre moral et mis?ricordieux; lui qui est n? pour aimer; lui qui pleure sur les autres comme sur lui-m?me, qui trouve du plaisir ? pleurer, et qui finit par inventer des fictions pour se faire pleurer; lui enfin ? qui il a ?t? d?clar? qu'on redemandera jusqu'? la derni?re goutte du sang qu'il aurait vers? injustement (Gen., IX, 5)? c'est la guerre qui accomplira le d?cret. N'entendez- vous pas la terre qui crie et demande du sang? Le sang des animaux ne lui suff?t pas, ni m?me celui des coupables vers? par le glaive des lois. Si la justice humaine les frappait tous, il n'y aurait point de guerre; mais elle ne saurait en atteindre qu'un petit nombre, et souvent m?me elle les ?pargne, sans se douter que sa f?roce humanit? contribue ? n?cessiter la guerre, si, dans le m?me temps surtout, en autre aveuglement, non moins stupide et non moins funeste, travaillait ? ?teindre l'expiation dans le monde. La terre n'a pas cri? en vain; la guerre s'allume. L'homme, saisi tout ? coup d'une fureur divine, ?trang?re ? la haine et ? la col?re, s'avance sur le champ de bataille sans savoir ce qu'il veut ni m?me ce qu'il fait. Qu'est-ce donc que cette horrible ?nigme? Rien n'est plus contraire ? sa nature, et rien ne lui r?pugne moins: il fait avec enthousiasme ce qu'il en a horreur. N'avez-vous jamais remarqu? que, sur le champ de mort, l'homme ne d?sob?it jamais? il pourra bien massacrer Nerva ou Henri IV; mais le plus abominable tyran, le plus insolent boucher de chair humaine n'entendra jamais l?: Nous ne voulons plus vous servir. Une r?volte sur le champ de bataille, un accord pour s'embrasser en reniant le tyran, est un ph?nom?ne qui ne se pr?sente pas ? ma m?moire. Rien ne r?siste, rien ne peut r?sister ? la force qui tra?ne l'homme au combat; innocent meurtrier, instrument passif d'une main redoutable, il se plonge t?te baiss?e dans l'ab?me qu'il a creus? lui-m?me; il donne, il re?oit la mort sans se douter que c'est lui qui a fait la mort (Infixae sunt genies in interitu, quem fecerunt (Ps., IX, (15))). — Ainsi s'accomplit sans cesse, d?puis le ciron jusqu'? l'homme, la grande loi de la destruction violente des ?tres vivants. La terre enti?re, continuellement imbib?e du sang, n'est qu'un autel immense o? tout ce qui vit doit etre immol? sans fin, sans mesure, sans rel?che, jusqu'? la consommation des choses, jusqu'? l'extinction du mal, jusqu'? la mort de mort (Car le dernier ennemi qui doit ?tre d?truit, c'est lu mort (S. Paul aux Cor., I, 15, 26)) — V, 22–25. — 240 —
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